En marge de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Fédération des mutuelles de France a organisé, mardi 27 novembre, une matinée d’échange et de sensibilisation entre des élus mutualistes, des professionnels de santé de ses services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM) et des experts de la question des violences faites aux femmes. 

Chaque année, en France, 255 000 femmes majeures sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles. Ces violences sont trop souvent invisibles, masquées au milieu de ce qui relève de l’intime et de la sphère privée. Ernestine RONAI, responsable de l’Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes, membre du Haut Conseil à l‘Égalité entre les femmes et les hommes, a rappelé l’ampleur des violences faites aux femmes : en 2016, 123 femmes ont été assassinées par leur partenaire. « Quand le phénomène est si massif, il ne s’agit  pas que d’un problème individuel, il s’agit d’un problème de société ». Ernestine RONAI a ensuite présenté la construction des mécanismes des violences, « un préalable indispensable à toute action de protection des victimes ».

« La protection des victimes de violences exige que les différents professionnels aient de ces violences une compréhension commune et cohérente ». La formation des professionnels de santé est indispensable, d’autant plus qu’en France, une femme sur quatre s’adresse d’abord à un médecin lorsqu’elle est victime de violence, quand seulement une femme sur dix se rend aux commissariats de police.

Le système de santé est le premier lieu de recours pour les femmes victimes de violences.  Les médecins sont des acteurs incontournables. Cependant, « un très grand nombre de femmes victimes de violences ne sont pas repérées et souffrent de nombreuses pathologies médicales et psychologiques » selon Gilles LAZIMI, médecin généraliste du centre municipal de santé de Romainville. Le dépistage systématique des violences est aujourd’hui recommandé pour toutes les patientes. Cette démarche permet d’augmenter le repérage des violences. Il s’agit aussi d’ouvrir un espace de paroles : « Je n’ai de cesse de repérer. De les questionner, de m’intéresser à leur vie et aux violences qu’elles ont pu subir pour les aider et les accompagner ».

Une fois les violences repérées, l’accompagnement des victimes est un processus long mais essentiel selon Céline FOULC, directrice du Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles de Seine-Saint-Denis. Ne pas agir seul mais aussi travailler en réseau est l’un des points clés pour offrir une aide adaptée répondant aux besoins des femmes. « Protéger une femme, ce n’est pas faire à sa place, c’est lui permettre reprendre le contrôle de sa vie ».

Cette matinée de sensibilisation a été une première étape pour les Mutuelles de France qui s’engagent à poursuivre la formation des professionnels de santé de ses SSAM et continueront à se mobiliser pour une société humaniste et solidaire.

 

  • Pour plus d’informations et si vous avez besoin d’aide :

https://stop-violences-femmes.gouv.fr/

  • Aide à la prise en charge des violences conjugales envers les femmes en médecine générale :

http://www.declicviolence.fr/